Un cri du coeur et des histoires positives

Couverture-COP21Rebloggé de: etterbeekentransition.be

Après les évènements de ces deux dernières semaines, les attentats à Paris et la situation à Bruxelles, nos petites habitudes et certitudes ont été quelque peu malmenées.

Mais après le choc, très vite, beaucoup parmi nous ont voulu plus que jamais se retrousser les manches et proposer vaille que vaille un autre horizon que celui de la terreur et de la sécurité.

Plus que jamais on voulait crier haut et fort notre envie de liberté et notre engagement au quotidien.

On nous l’a refusé à deux reprises, en annulant tout d’abord la Marche du Climat à Paris et ensuite celle à Oostende. Que cela se soit fait pour de bonnes ou de mauvaises raisons, le propos n’est pas là. Ce qui est là par contre c’est un vide et une envie folle de faire et d’agir.

Alors je voudrais vous proposer deux choses :

La première est un cri du cœur de Caroline, citoyenne engagée dans Ixelles en Transition, qui a passé beaucoup de ces derniers mois à œuvrer pour la COP21 de Paris (texte ci-dessous).

La seconde est la réponse des membres du mouvement de la Transition qui ont décidé d’offrir durant la COP21 une histoire positive par jour. Afin de montrer qu’en Belgique et ailleurs, de nombreux citoyens mettent déjà en œuvre les changements dont nos sociétés ont besoin : http://www.reseautransition.be/articles/21-histoires-inspirantes-pour-la-cop21

« Sans haine, sans armes, sans violence.

Oh non, il ne fallait pas annuler la marche de ce dimanche à Paris et priver la société d’une forme si positive d’expression en ces temps incertains.

Car non, ce n’est pas une simple manifestation des défenseurs de l’ours polaire qui a été interdite pour des raisons de sécurité. C’est un mode d’expression sain d’une société civile en recherche de solutions positives pour porter remède aux maux qui nous frappent, dont le terrorisme. Quoi de plus liés que les inégalités sociales, un climat instable, des crises alimentaires, les réfugiés, l’exploitation trop lucrative de certaines ressources ou la radicalisation ?

Aujourd’hui, je pense à cette petite association qui a travaillé de longs mois pour préparer les conférences et la marche de Paris, débordée, menacée par les coupes budgétaires, amputée de la moitié de ses salariés, mais gardant le cap par conviction et par nécessité. Je pense à ceux qui, épuisés, doivent, à une semaine des événements, renoncer à ce qui a été organisé, préparé et investi. À ceux qui doivent choisir entre la résignation ou l’illégalité,…

Je pense à ce représentant de peuples indigènes, menacés par une multinationale ou le changement climatique. À ce village qui s’est saigné pour lui offrir le seul billet d’avion qu’il verra dans sa vie afin d’aller crier l’urgence à Paris, contraint de traverser le monde pour attirer l’attention des médias. Je pense à celui qui apprend que, finalement, il ne se passera rien, car les caméras sont trop occupées à semer la peur ailleurs, qu’il faudra revenir, choisir un autre lieu, attendre, à moins de trouver un moyen plus radical de se faire entendre avant que son peuple ne disparaisse,…

Je pense à ce citoyen impliqué dans des projets sociaux, convaincu que la solution viendra de l’éducation, de l’entraide et de la relocalisation de l’économie. À ceux qui agissent sans moyens dans des écoles en ruine, dans des quartiers volontairement oubliés, premières victimes des mesures d’austérité. Je pense à ce bénévole qui se réjouissait de participer à ce grand mouvement et de revenir l’esprit ivre d’exemples positifs, avant de découvrir, stupéfait, abattu, que, non, dans un monde où les écoles s’effritent pendant que les frappes s’intensifient en Syrie, on ne peut même plus marcher ensemble dans la rue,….

Je pense à celui qui n’a pas 20 ans et qui a grandi à coups de reportages sur la fonte des glaces et les attentats terroristes. Exclu du chômage, sans perspective, effrayé par les rapports des climatologues, il se demande parfois, le ventre serré, s’il est encore sage de faire des enfants. Je pense à celui qui espérait voir s’exprimer dans les rues de Paris un monde dans lequel il aurait eu envie de fonder une famille, à sa tristesse amère, presque insupportable, lorsqu’il découvre que, pour ne pas dire les vraies causes des problèmes et se mettre en danger, nos dirigeants sèment la panique,…

Face à l’urgence climatique dans une société qui se divise sur fond d’instabilités sociale et économique, comment tolérer qu’on nous enlève, lentement, en une succession de décisions sournoises, la justice et la démocratie ?

À défaut de pouvoir maintenir la COP21 en pleine démocratie, il fallait la reporter. Mais nos dirigeants savent très bien ce qu’ils font.

Non, ce n’est pas qu’une bande d’amoureux des pandas que l’on prive de sortie, c’est un coup porté à l’espoir d’une transition commune, consciente et réfléchie vers une réorganisation nécessaire de nos sociétés qui, sur une planète aux ressources finies, sont dangereusement menacées par le cocktail explosif d’un réchauffement trop rapide et d’intolérables inégalités.

Il est évident que notre système agonise et que le monde a besoin d’alternatives. Nous devons les mettre en place.

Je n’ai qu’un seul vœu : que cette inévitable transition soit pacifique.

Caroline. »

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